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La lumière, qui envahit les toiles veloutées
de Bernard Bouin, est le plus souvent artificielle. Et si elle
est parfois diurne, elle n'est pas pour autant naturelle ou
réaliste. Il y a du symboliste chez ce peintre qui, dans
ses sujets, s'interroge aussi bien sur la solitude que sur l'incommunicabilité.
Dans le filigrane de ces oeuvres attachantes, discrètes
et silencieuses: une réflexion sur l'absurdité
de l'univers.
Marc Hérissé, Paris, Février 1993
Tout en étant réaliste, le monde du peintre est
porteur d'irrationnel et de mystère. La représentation
s'efface au profit de la " vision ". Chaque scène nous
semble familière tout en suscitant une curieuse impression
d'étrangeté. Un tableau de Bouin se déroule
à la fois dans l'ici et dans l'ailleurs, dans l'hier
et dans l'aujourd'hui. De même, parallèlement,
si les sujets représentés sont indiscutablement
contemporains, la technique, elle, dans sa linéarité
et son caractère délibérément anguleux,
évoque-t-elle, celle de certains primitifs flamands.
Marc Hérissé, Saint Tropez, Septembre 1993
" Silence on peint " semblent murmurer les femmes des tableaux
de Bernard Bouin. Dans un univers de douceur où le temps
se fige, l'artiste nous fait profiter de l'ultime instant d'une
lueur, d'une nuit ou d'un crépuscule. Il excelle aussi
dans l'art de poser une ombre qui favorise la blancheur d'un
mur, d'une nappe ou d'une boule d'hortensia. Dans la peinture
du " divin " Bernard, il n 'y a pas de revendications seulement
quelques réflexions et bien sûr des références.
On pense à Poussin, Hammershoi, Manet, Seurat, Balthus
et Hopper, qui tous, ont voulu arrêter le temps, réinventer
la lumière, forcer les tons et demander l'impossible
à leur palette. Que dire de plus ? tout. Bernard Bouin
est un peintre comme on les aime. Il s'intéresse aux
autres, s'émerveille devant un citron, une route qui
longe l'océan, et s'émeut parfois de la mort d'une
fleur. L'humanité qui se dégage au fil des toiles,
me rappelle un poème oublié de René Char
: " fruit de l'érable envolé, ton futur est un
autrefois ". Avec l'oeuvre de l'ami Bouin, le futur devient
mélancolie et l'autrefois se traduit dans l'immortalité
de son pinceau.
Loïc Stavridès, critique d'art.
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