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Né en 1932 à Paris, il entre à l'âge de 15 ans à
l'école des Beaux-Arts de Besançon. A 20 ans, il choisit définitivement
sa voie après avoir été émerveillé par l'école Flamande et impressionné
par Gromaire, Rebeyrolle et le flamand Permeke. Le critique d'art,
Jean-Luc Michaud va l'encourager et lui permettre d'exposer en 1957
à la Galerie Saint-Placide à Paris. Remarqué par les critiques Georges
Besson, Raymond Cogniat et Guy Dornand il est sélectionné pour le
Prix de la Critique en 1958, et le prix Antral.
BOURGEOIS ou la force du regard
Lorsque l'on voit peindre Bourgeois, on est frappé par ses gestes
mesurés et surtout par l'acuité de son regard face au motif.
Il y a dans son acte de peindre, comme une volonté de suivre un
chemin de lumière, un désire farouche d'entrer en dialogue avec
les personnages qu'il invente.
Mais ces personnages ne sont-ils pas les fantômes qui peuplent
son subconscient, sortes de réminiscences hantant sa mémoire ?
Et si le souvenir de l'exode l'a marqué profondément, c'est peut-être
pour cela que les individus qui animent ses oeuvres sont, la plupart
du temps, en mouvement, hors du temps, se déplaçant à l'intérieur
d'un paysage en quête d'un refuge.
Il y a là un choc révélateur et créateur entre la réalité et l'imaginaire.
Bourgeois n'est pas de ces peintres qui pensent pouvoir donner des
leçons de morale, ni des conseils de vie. Pourtant ses toiles ne
peuvent nous laisser indifférents: le pouvoir de sa peinture est
tel que, d'une seule toile peuvent naître d'innombrables lumières
se multipliant à l'infini.
Tous ses personnages communiquent entre eux par le silence, par
le geste, par le regard. Bourgeois suggère le dialogue, attire notre
attention sur tel détail, en un mot il évoque sans affirmer, nous
entrainant à sa suite dans les dédales de son histoire qui, bien
souvent, représente une scène de théâtre où triomphent de tragiques
malentendus.
Mais tout cela est bien vite compensé par une confiance aveugle
en la nature humaine, manifestée par la représentation archétypale
d'un monde paysan qui n'existe pratiquement plus.
Les toiles de Bourgeois sont là pour nous montrer que la réconciliation
entre l'homme et son semblable est possible et qu'elle ne nous demande
qu'une certaine vision qui unifie au lieu de sépare.
Par la force de l'image créée, le peintre nous incite à prendre
conscience de notre devoir d'homme, devoir qui se révèle être source
de vie et réalisation heureuse.
Cette exposition est donc une façon comme une autre de renouer
avec la "Tradition", et de montrer que l'Art est avant tout vecteur
de Sacré.
Patrice de la Perrière
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