Albert WODA

Né en 1955 à Nice.

Albert Woda

Les climats de Woda

Woda peint des paysages fluides, mouvants, simples, fluctuants, flottants, presque insaisissables, à peine entrevus. Ils sont sereins, paisibles, modérés, quiets. Vous percevez les bois dormants, les collines calmes, les nuages que nul vent n'agite, des monts lointains. La ligne de l'horizon est basse. Souvent, vous découvrez une scène champêtre d'une vue plongeante. Plus rarement, un arbre immense et brumeux se dresse au premier plan.

Chaque paysage de Woda devient une unité que l'eau, la terre et l'air mêlés rassemblent. En des songes du loisir et de l'immobilité heureuse, les trois éléments se conjuguent, se marient, se fusionnent. Chaque paysage serait une harmonie mélancolique, un agencement équilibré, une douceur, une composition désirée.

Woda, peintre et graveur, serait, en quelque sorte, un météorologue inaccoutumé. Il invente des climats rares et ensorcelants, des atmosphères imprévisibles, des ambiances insolites et aimables. Il imagine des pays de rêve, des campagnes séduisantes, des territoires accueillants, des sites agréables.

Woda suggère des " paysages choisis ". Un tableau limité donne à voir le cosmos, ses énergies, ses souffles et il dépasse les mesures de l'espace et du temps.

Chaque paysage de Woda est une idylle, une pastorale. Chaque site est un petit paradis, un domaine ignoré, un pays mystérieux.

L'immense ciel et ses nuages longs, les lueurs secrètes, les feuillages énigmatiques des arbres voilés, les montagnes et les coteaux incertains inspirent une nostalgie imprécise, un désir d'on ne sait quoi.

Devant les peintures et les estampes de Woda, vous devinez un " arrière-pays ". Vous pouvez lire L'arrière-pays (Skira, 1972) du poète Yves Bonnefoy : " L'invisible et le proche se confondent ; l'ailleurs est partout, le centre à deux pas peut-être : je suis longtemps sur la voie… ". Alors, le " là-bas " et l'" ici ", le distant et l'intime se tissent…

Et, lorsque Woda peint un paysage, il évoque vaguement la nudité d'une femme, ses formes concaves et convexes. Ou bien, lorsqu'il représente une femme nue, il suggère des collines douces ou des vallées tendres. La peinture de Woda révèle la chair du cosmos.

Gilbert Lascault

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